DANS LES INTERVALLES
SUZANNE FLEMMING - 2025
Depuis les années 1980, Denis Vedelago développe une pratique artistique où peinture, photographie, cinéma expérimental, musique et dispositifs génératifs circulent librement les uns dans les autres. Ses œuvres avancent par fragments, déplacements et résonances, dans un espace où le documentaire glisse vers la fiction, où la mémoire contamine le présent, où les récits demeurent volontairement ouverts.
IN THE SPACES BETWEEN
SUZANNE FLEMMING - 2025
Since the 1980s, Denis Vedelago has developed an artistic practice in which painting, photography, experimental cinema, music and generative systems flow freely into one another. His works unfold through fragments, shifts and resonances, inhabiting a space where documentary slips into fiction, where memory seeps into the present, and where narratives are deliberately left open.
Une esthétique du montage critique et des systèmes instables
DENIS VEDELAGO - 2024
Mon travail se développe depuis la fin des années 1980 à travers une pratique simultanée de la peinture, de la photographie, de la vidéo, du cinéma, du son, de l’installation et des environnements numériques. Cette pluralité ne relève ni de la dispersion ni d’un éclectisme, mais d’une recherche continue : celle des formes de passage entre les médiums, de leurs zones d’interférences et de leurs transformations réciproques.
Très tôt, j’ai choisi de ne pas hiérarchiser ces pratiques, mais de les envisager comme des régimes d’écriture d’un même champ de recherche. Cette position m’a conduit à développer une pratique que je pourrais définir comme celle d’un explorateur critique des systèmes techniques et des formes contemporaines de représentation.
An Aesthetic of Critical Montage and Unstable Systems
DENIS VEDELAGO - 2024
Since the late 1980s, my work has developed through a sustained engagement with painting, photography, video, cinema, sound, installation and digital environments. This multiplicity stems neither from a scattered approach nor from eclecticism, but from an ongoing inquiry into the passages between media, their zones of interference and the ways they transform one another.
LA CONTINUITÉ EST UN LEURRE
MIGUEL AUBOUY - À PROPOS DE L’ŒUVRE «DIS CURSUS» - IN REMUE.NET - 2005
La continuité est un leurre, c’est la conclusion qui s’était imposée au physicien Jean Perrin après qu’il avait observé indirectement les atomes, pour la première fois au début de ce siècle.
Cette idée trouve sa valeur dans nos vies qui ne sont pas si minuscules.
Car il n’y a pas une telle chose comme une suite logique aux mots que les autres prononcent, aux images qui impressionnent nos cerveaux, aux pensées qui nous viennent, aux souvenirs que l’on garde d’avoir vécu tout cela.
Rien ne suit rien.
De là peut-être, cette intuition que le monde est avant tout fragmentaire, déchiré, interrompu.
CONTINUITY IS AN ILLUSION
MIGUEL AUBOUY — ON “DIS CURSUS” — IN REMUE.NET — 2005
Continuity is an illusion: this was the conclusion the physicist Jean Perrin reached after his first indirect observations of atoms in the early twentieth century.
The idea holds true, too, for our lives, which unfold on a less minute scale.
For there is no such thing as a logical sequence to the words others speak, the images that imprint themselves on our minds, the thoughts that come to us, or the memories we retain of having lived through it all.
Nothing follows from anything.
Hence, perhaps, the intuition that the world is, above all, fragmentary, torn, interrupted.
Dis-Cursus is a self-generating installation by Anaïs Escot, a writer, and Denis Vedelago, a video artist. On view in the multimedia space of the Kateb Yacine Library in Échirolles, on the outskirts of Grenoble, until 19 February, it is mesmerising.
À PROPOS DE KMH
À PROPOS DE KMH - ENTRETIEN AVEC CECILE BANDO - 2004
C. B : Pour quelles raisons avez-vous choisi la forme de l’économiseur d’écran ?
D. V : Quand j’ai été sollicité par Guy Tosatto, l’actuel conservateur, pour présenter une œuvre électronique sur le site du Musée de Grenoble, je souhaitai, comme dans mes dernières installations, expérimenter un rapport différent entre mon travail et le public.KM/H n’est pas à proprement parler une œuvre en ligne, dans la mesure ou le web n’est ici qu’un moyen pour se l’approprier, ni réellement un économiseur d’écran puisqu’il n’en a pas la fonction première.
Quand j’invite à télécharger et à installer KM/H sur un ordinateur, je propose à la fois l’appropriation d’une œuvre et en quelque sorte la participation à une œuvre plus globale qui serait constituée par la dispersion et le clonage de KM/H sur plusieurs ordinateurs anonymes.
Il y a l’idée d’installer un processus de prolifération tout en gardant un rapport privilégié entre le public et l’œuvre.
ABOUT KMH
ON KMH — AN INTERVIEW WITH CECILE BANDO — 2004
C. B.: Why did you choose the form of a screensaver?
D. V.: When Guy Tosatto, the curator, invited me to present an electronic work on the Musée de Grenoble website, I wanted, as in my recent installations, to explore a different relationship between my work and its audience. Strictly speaking, KM/H is neither an online artwork, since the web serves only as a means of acquiring it, nor really a screensaver, since it does not fulfil a screensaver’s primary function.
By inviting people to download and install KM/H on a computer, I offer them both the possibility of making a work their own and, in a sense, of participating in a larger work, constituted by the dispersal and cloning of KM/H across anonymous computers.
The idea is to set a process of proliferation in motion while preserving an intimate relationship between the audience and the work.
À PROPOS DES FILMS GÉNÉRATIFS
DENIS VEDELAGO - 2000
L’art et le numérique entretiennent des affinités qui prennent tout leur sens dans la possibilité de créer des processus génératifs et évolutifs. Le langage informatique fait pour moi appel à une « poésie du vivant », dans la mesure où il propose à l’œuvre une dimension unique : celle de générer une vie propre et autonome. Expérimenter une écriture littéraire, vidéographique et sonore dynamique au sein d’un processus génératif, c’est réfléchir à une autre expérience temporelle de l’œuvre, à un vocabulaire et à une syntaxe spécifiques, et proposer une lecture intuitive aux frontières de plusieurs modes d’expression.Tout commence ici
ON GENERATIVE FILMS
DENIS VEDELAGO — 2000
The affinities between art and digital technology find their fullest expression in the possibility of creating generative, evolving processes. For me, computer language draws upon a “poetics of the living”, insofar as it offers the artwork a unique dimension: the capacity to generate an autonomous life of its own. To experiment with dynamic forms of literary, video and sonic writing within a generative process is to consider another temporal experience of the work, to explore a particular vocabulary and syntax, and to invite an intuitive reading at the boundaries between several forms of expression.
Everything begins here.
Les médiations de l'art contemporain via les sites internet : des représentations paradoxales
MAUD GAUCHET-LOPEZ - MARIE-SYLVIE POLI - 2004
Résumé
De manière générale, les sites internet de musées assument avant tout une fonction de communication institutionnelle, participant à faire connaître et promouvoir l'institution musée qu'ils représentent. Toutefois, mener des recherches à la fois diachroniques et synchroniques sur ces outils permet de révéler certains glissements de statut, voire des paradoxes communicationnels importants.
C'est le cas lorsqu'un musée des beaux-arts donne carte blanche à un artiste numérique pour créer un site a priori institutionnel. Dans cet article, nous proposons une analyse sémiopragmatique etcommunicationnelle poussée d'un site relevant de cette nouvelle pratique. Mais, loin de se limiter à la description d'un artefact numérique particulier, notre analyse nous entraîne sur le terrain critique des enjeux et des paradoxes induits par ce type de site hybride, autant objet d'art numérique qu'outil d'information et de communication. Et comment l'internaute parvient-il à démêler le discours institutionnel du musée du questionnement esthétique de l'artiste ? Derrière cette interrogation apparemment simple, c'est la question du concept même de la médiation de l'art contemporain par les sites des musées d'art qui est posée.
MEDIATING CONTEMPORARY ART THROUGH WEBSITES: PARADOXICAL REPRESENTATIONS
MAUD GAUCHET-LOPEZ — MARIE-SYLVIE POLI — 2004
ABSTRACT
Museum websites generally serve primarily as tools of institutional communication, raising awareness of and promoting the museums they represent. Yet examining these tools from both diachronic and synchronic perspectives reveals certain shifts in status, and even significant paradoxes in communication.
This is particularly apparent when a fine arts museum gives a digital artist carte blanche to create what is ostensibly an institutional website. In this article, we offer an in-depth semiopragmatic and communication analysis of a website exemplifying this emerging practice. Far from merely describing a particular digital artefact, our analysis opens up a critical discussion of the issues and paradoxes arising from this hybrid form: a work of digital art that also serves as a tool for information and communication.
How, then, can visitors distinguish the museum’s institutional discourse from the artist’s aesthetic inquiry? Behind this seemingly simple question lies a more fundamental one: the very concept of mediating contemporary art through art museum websites.
CECI-ENCORE
ARTHUR BERNARD - IN CATALOGUE EXPOSITION - HÔTEL DES ARTS - TOULON - 2005
Ceci encore :
Qu’est-ce qu’on voit ?
On voit quelque chose.
On voit la même chose.
On voit autre chose.
On ne voit rien.
On voit.
THIS, TOO
ARTHUR BERNARD - IN CATALOGUE EXPOSITION - HÔTEL DES ARTS - TOULON - 2005
Ceci encore :
Qu’est-ce qu’on voit ?
On voit quelque chose.
On voit la même chose.
On voit autre chose.
On ne voit rien.
On voit.
Ceci-encore
ANAÏS ESCOT - IN CATALOGUE EXPOSITION - HÔTEL DES ARTS - TOULON - 2005
Ceci encore : Il faut être attentif, il n’y a que ce petit peu au loin qui bouge sur l’image.
Le film est une photo animée. Minuscule mouvement montré.
Battement de paupière urbain. Plan large, et rien de gigantesque.
Le tout, un carrousel fluide, une mécanique de ville, une horlogerie calme et rythmée de visages, d’automobiles en file, de lignes électriques balancées par le vent.
Mais il y a quatre écrans et les images se composent encore entre elles :
le manège est plus vaste.
THIS, TOO
ANAÏS ESCOT - IN CATALOGUE EXPOSITION - HÔTEL DES ARTS - TOULON - 2005
Ceci encore : Il faut être attentif, il n’y a que ce petit peu au loin qui bouge sur l’image.
Le film est une photo animée. Minuscule mouvement montré.
Battement de paupière urbain. Plan large, et rien de gigantesque.
Le tout, un carrousel fluide, une mécanique de ville, une horlogerie calme et rythmée de visages, d’automobiles en file, de lignes électriques balancées par le vent.
Mais il y a quatre écrans et les images se composent encore entre elles :
le manège est plus vaste.