1981-2008

PARAGES

Série de 200 photographies argentiques

Commencée au début des années 1980, Parages rassemble près de deux cents photographies argentiques réalisées en France et à l’étranger.
Cette série constitue moins un inventaire de lieux qu’une traversée sensible de territoires urbains, périurbains ou marginaux observés au fil des déplacements, des voyages et des dérives.

Zones portuaires, friches, routes désertes, architectures anonymes, périphéries, terrains vagues, façades, lignes électriques, constructions isolées ou paysages en attente composent une géographie fragmentaire où la présence humaine semble avoir disparu tout en demeurant perceptible partout.

L’humain est absent des images, mais ses traces subsistent continuellement : dans les structures construites, dans l’organisation des espaces, dans l’usure des matières, dans les signes d’occupation ou d’abandon. Ces paysages deviennent alors des formes de portraits indirects, des espaces habités par une mémoire silencieuse.

La série se développe sans logique documentaire stricte. Les photographies sont reliées par des tensions de lumière, des rapports de formes, des rythmes architecturaux ou des sensations de solitude et de suspension. Entre réalisme et abstraction, certains lieux apparaissent presque irréels, comme s’ils appartenaient à une cartographie mentale plus qu’à une géographie identifiable.

Le travail argentique participe pleinement de cette relation au temps. Grain, matières, contrastes et accidents de lumière inscrivent les images dans une temporalité lente, attentive, où le paysage devient moins un décor qu’un état perceptif.

Le titre Parages évoque précisément cette idée d’espace voisin, incertain, mouvant : des territoires situés aux marges du centre, mais aussi des zones mentales, affectives ou mémorielles.

Conçu comme une manière de clore près de vingt années de photographie, Parages a fait l’objet d’une publication aux Éditions Cent Pages en 2008.
Le livre rassemble ces paysages dispersés en une dérive continue, sans narration explicite, où chaque image semble prolonger la précédente dans une même expérience du déplacement, de l’absence et du regard.

Une galerie d'art avec des photos en noir et blanc accrochées au mur. Plusieurs personnes regardant les œuvres dans un espace moderne avec un plafond blanc et un éclairage directionnel.