2026

IN A RUSH

CINÉ CONCERT / COULEUR / DIFFUSION LIVE AVEC DEUX MUSICIENS 

Les images qui composent In a Rush ont été tournées à New York en 2005, dans le cadre du film Man with Van, portrait du guitariste des Fleshtones, Keith Streng. Ce travail avait été présentée sous forme d’installation vidéo, la même année, dans le cadre de l’exposition Var et Ailleurs à l’Hôtel des Arts – Centre méditerranéen d’art contemporain de Toulon. Plusieurs séquences, toutefois, étaient restées inédites, sous forme de rushs et n’avaient jusqu’ici jamais été montrées. Lorsque Pascal Billot et Sergio Zampàro m’ont proposé de collaborer autour d’un ciné-concert, ces images ont naturellement resurgi. Leur matière visuelle, intuitive et brute, trouvait une résonance immédiate avec l’univers musical de Modern Avenue. Restées en sommeil pendant près de vingt ans, elles ont acquis une dimension nouvelle, à la fois documentaire et émotionnelle, marquée par le passage du temps et les profonds bouleversements urbains qu’ont connus les quartiers filmés — en particulier Greenpoint, à Brooklyn.

Le traitement plastique du film repose sur un travail de variation rythmique et chromatique, ralentis, superpositions, inversions, jeux de vitesses et de textures. Certains passages plongent dans une forme de psychédélisme visuel, flirtant avec l’abstraction et évoquant les expérimentations de Kenneth Anger ou Stan Brakhage, tandis que d’autres se déploient dans la durée de plans fixes contemplatifs, proches de l’approche urbaine et sensorielle de Chantal Akerman (News from Home) ou des journaux filmés de Jonas Mekas. Ces tensions entre effusion et retenue dessinent un espace perceptif singulier, inscrit dans la filiation du cinéma expérimental tout en cherchant sa propre écriture audiovisuelle. 

Une particularité du projet réside dans la manière dont les images ont été retravaillées pour s’inscrire au même titre que la musique dans la partition globale de l’œuvre. Conçues non pas comme un simple support visuel, elles participent activement à la structure rythmique, émotionnelle et narrative de l’ensemble. Le montage a été guidé par la musique : l’image réagit, dialogue, s’oppose ou prolonge les motifs sonores, dans une logique d’écriture commune. Il ne s’agit pas d’une illustration du son par l’image, mais d’une composition conjointe, où les deux médiums s’entrelacent pour créer une matière audiovisuelle indissociable.

Une narration fragmentaire s’invente au fil des séquences. Rien n’est explicite, mais des liens, des gestes, des figures émergent. Des personnages apparaissent, disparaissent, se dessinent par bribes dans la continuité d’un monde en mouvement. Aucune histoire linéaire, mais des effets de causalité, des échos, des réminiscences. Un récit se construit en creux, au croisement de la mémoire, de l’expérience urbaine et de l’imaginaire.

À la croisée du film expérimental, du documentaire sensible et de la performance audiovisuelle, In a Rush propose une traversée visuelle et sonore — un espace narratif ouvert, où mémoire, mouvement et perception s’entrelacent.

Réalistion :

Denis Vedelago

Musique :

Pascal Billot 

Sergio Zamparo

Technicien lumière :

Julien Huraut

Données techniques :

Durée 1 heure.

Une scène de spectacle avec deux musiciens, un à gauche jouant d'un instrument à vent et à droite jouant de la guitare, sur scène devant un grand écran affichant une image urbaine avec des bâtiments et la circulation.
Une affiche de film avec le texte en français et une image urbaine en arrière-plan. La scène montre une rue animée avec des bâtiments, des voitures et des personnes.